MÉTÉO

 INFLUENCE DE LA MARÉE

    Il est généralement admis par les pêcheurs de l'Océan que les périodes de décroissance des eaux du premier et du dernier quartier de lune sont nettement moins favorables que les périodes de croissance des eaux de la nouvelle et de la pleine lune.

Je veux bien croire que les spécialistes de l'Atlantique ont raison en ce qui concerne la pêche passive, c'est-à-dire celle où l'on attend que le poisson vienne de sa propre autorité s'accrocher à l'hameçon. Je fais donc allusion à la pêche au coup et au Surf.

    Mais la pêche du Bar est loin d'être une pêche passive. Bien au contraire, c'est une pêche active au possible et le vrai pêcheur n'attend pas le bon vouloir du poisson.

Le Bar en la circonstance n'est Rien tandis que le pêcheur est Tout. Celui-ci ne s'estime point satisfait des seuls moments voulus par le Bar pour ouvrir sa gueule mais son rôle est de la lui faire ouvrir et plus grandement et plus souvent qu'il ne le voudrait.

    L'amateur de Bars doit donc agir. Mais pour agir, encore faut-il qu'il le puisse, et avec toutes les chances de succès. Or, à ces moments fameux des forts coefficients tellement recommandés, la plupart du temps il en est réduit à se croiser les bras, soit parce que la bordure côtière est inabordable, la mer trop forte, soit encore parce que les eaux, envahies par les algues en suspension, sont impêchables.

En pêcheur sportif je m'élève donc avec véhémence contre cette façon de concevoir les choses.

   Je préfère nettement une eau trop calme à une eau trop agitée, trop salie. En pareilles circonstances le Bar est trop difficile à leurrer me dira-t-on.

La belle affaire ! Et votre finesse de main ? Et votre adresse? Et votre volonté ? Qu'en faites-vous donc ? Allez-vous à la pêche pour mettre au panier, sans Joie, des poissons qui se suicident stupidement à une cadence rapide et ne vous laissent que le souvenir d'un retour triomphal à la maison ou bien allez-vous au bord de l'eau pour dominer, pour vaincre une bête méfiante qui se rit de vous ?

En pêche sportive, mes plus beaux souvenirs ne sont pas ceux des jours trop fastes où je rentre écrasé par une bourriche archi-pleine, mais bien au contraire ceux où ma musette ne me gêne point trop, contenant à peine deux ou trois loups.

Mais ce sont là parties qui comptent car pour les mettre au sec, il m'aura fallu deux, trois, quatre heures de mise au point minutieuse, de recherches; il m'aura fallu aussi, devant le mauvais vouloir des bêtes aperçues, arriver à trouver le point faible, le défaut de la cuirasse d'indifférence que le Bar revêt si souvent pour, en définitive, le prendre à contre-pied, le forcer à ouvrir la gueule alors qu'il ne le voulait pas.

   Ces parties difficiles se jouent donc lors de la morte-eau, par conditions de mer défavorables en somme. Mais que pointent à l'annuaire des marées les coefficients moyens et vive la mise en train normale.

Point trop de fatigue. Point trop d'échecs non plus. Par moyens, entendons 45 à 65, les plus favorables, en somme, pour les débutants.

On peut œuvrer logiquement et dans la matinée, et dans l'après-midi, deux fois par jour. Les bons moments ne durent peut-être pas très longtemps. Qu'importe, puisqu'ils suffisent à satisfaire votre désir de prendre du Bar. ,

    En définitive, sur une lunaison, soit vingt-huit jours, environ douze jours, à mon avis excellents, ceux des coefficients moyens; parfois trois ou quatre jours difficiles au-dessous du niveau 45; et il vous restera environ douze jours, prétendus fameux, pour respecter la norme établie sur les rivages atlantiques. Fameux peut-être, mais si vous pouvez encore pêcher...

    A) NOTIONS CAPITALES SUR LA PÊCHE DES BARS DES ESTUAIRES

    En période normale, c'est-à-dire vive en Bars au voisinage de la terre ferme, et décidés à évoluer tout aussi normalement de la mer vers la terre et de la terre vers la mer, considérons deux postes extrêmes. En employant le large dans un sens tout à fait relatif nous pouvons établir précisément ces deux mouvements antagonistes:

 

   De ce tableau rapide découlent toutes les situations possibles.

    POURQUOI UN ALLER RAPIDE EN EAUX PROFONDES ?

    Pour plusieurs raisons. D'abord le Bar est pressé d'emplir sa panse donc de gagner son ou ses postes d'affût du rivage où il sait qu'il va trouver des proies variées à profusion. Ensuite, parce qu'en eau profonde, le courant plus rapide entraîne plus facilement vers l'intérieur de l'estuaire la même blanchaille, les bancs de poissons voyageurs qu'il pourchasse sans cesse. Enfin parce qu'en bon paresseux il économise ses forces pour pouvoir se livrer plus tard à des chasses suivies aux abords de la terre ferme.

 

    POURQUOI UN RETOUR LENT EN EAUX PEU PROFONDES ?

    Le but essentiel atteint, son appétit calmé, ce n'est plus un affamé qui regagne ses pénates mais un dilettante. Ce n'est pas tout de même un Bar qui refusera toute bonne aubaine, mais il la voudra de prise facile, sans trop de fatigue lorsqu'elle passera à portée de gueule.

De chasseur effréné et pressé le voilà mué en promeneur sans souci et prenant son temps.

Il aime tant " farnienter" à petite allure, dans très peu d'eau, gobant ces vifs minuscules arrachés aux herbiers, aux sables, aux vases par l'aspiration du flot qui abandonne au rivage ses ruisselets plus prononcés où se concentrent toutes proies possibles.

    Évoluer au retour en pleine eau ? Mais vous n'y pensez pas. Il serait bien trop vite rendu et le temps pour lui ne compte pas. Il lui faudrait encore déclencher maintes courses endiablées, déployer maintes ruses pour tenter, par jeu, de s'emparer de proies trop mobiles dans trop d'eau.

A quoi bon se fatiguer alors que tant de bestioles tombent si facilement et sans défense dans  son immense gueule.

 

     CONCLUSIONS PRATIQUES:

    ÉTALE DE BASSE MER.  Rechercher les Bars dans les brisants de la Barre. L'agitation propre de la mer joue un rôle beaucoup plus important que le moment de la marée. Alors la profondeur de l'eau à portée de lancer entre en ligne de compte car:

 eaux relativement profondes: pêche possible: couche d'eau insuffisante: poissons hors d'atteinte.

        MONTANT.

   Du rivage. Pêche rarement possible, la distance séparant le pêcheur des poissons étant trop grande, sauf en certains goulets resserrés, lorsqu'ils existent.

    En canot.  Pêche à la traîne au milieu de l'estuaire, voie principale d'arrivée.

 

   ÉTALE DE HAUTE MER. Au bord, comme au large, détermination par la pratique des postes d'affût. Sitôt découverts, passage à l'action suivie en ces zones propices, soit à soutenir, soit au moyen de leurres.

 

       DESCENDANT.

    Du rivage, voilà le moment rêvé pour attaquer sérieusement, car les Bars sont alors à portée de lancer et en densité accrue tout au long des quelques centaines de mètres qui précèdent la sortie en mer.

 

   Remarque.  En estuaire, l'obstacle majeur n'est pas constitué par les lames mais par les algues et débris de toutes sortes véhiculés parfois en quantités tellement importantes que mieux vaut ne point insister, car la pêche à soutenir se révèle vite insupportable. Pêche sportive difficile, les leurres se transformant vite en chevelures inattendues et sans attrait. Seule solution alors: une mouche de mer armée d'un hameçon simple et capable de rejoindre le rivage, vierge d'impuretés, au moins avec un lancer sur trois.

 

    B) NOTIONS CAPITALES SUR LA PÊCHE DES BARS EN ZONES ROCHEUSES ATLANTIQUES.

    a) ZONES ROCHEUSES PROFONDES.

    En zones rocheuses profondes, la couche d'eau à toucher la terre ferme, à marée basse, étant suffisante aux évolutions des Bars, il en résulte que ceux-ci sont nettement plus amorphes, moins fougueux, beaucoup plus réticents car ils peuvent tout au long de la journée déployer leurs ruses, sur place presque, pour pourvoir à leurs besoins.

Ce Bar des zones atlantiques profondes ressemble au Bar méditerranéen, chasseur à ses heures, paressant en bien d'autres. Beaucoup plus difficile à émouvoir, à leurrer, on devra, comme chez nous, éveiller sa convoitise par un amorçage soigné de mets de choix, la sardine broyée en l'occurrence, amorçage qui présentera aussi l'avantage de stopper sa course, de la fixer sur le poste choisi.

La grosse houle balayant, en principe, ces zones amorcées, remuant donc magistralement les fonds et aspirant en pleine eau quantité d'algues en suspension, la pêche aux leurres n'y sera pas, tous les jours, rentable, car, de plus, une mousse trop compacte est un obstacle sérieux à la prospection des postes au moyen d'appâts artificiels.

    Mais, pour arriver à briser leur méfiance, la pêche au moyen de vifs sera particulièrement recommandée. Bien entendu, en dehors des Bars habitués à ces roches, ayant chacun leur affût propre et stagnant à leur limite, il est toujours des Bars de passage, non pas établis dans la bordure littorale mais égaillés sur tous les chaos rocheux, qui progressent bien souvent du rivage vers la haute mer sur des distances parfois considérables.

A ceux-là, plus franchement prêts à ouvrir la gueule car plus combatifs  parce que davantage influencés par les courants de marée plus rapides au large qu'à la côte même en raison du freinage intense des reliefs terrestres locaux il sera possible d'appliquer les notions qui vont suivre, spécifiques aux zones rocheuses peu profondes.

 

    b) ZONES SABLO-ROCHEUSES PEU PROFONDES.

    De multiples influences entrent en jeu quant aux déplacements, aux passages en des points fixes, aux buts précis de ces Bars itinérants qui, de Bars de passage, se transforment en fin de parcours en Bars à l'affût dans la deuxième phase du flot et durant l'étale de haute mer. Le milieu local joue, là aussi, un rôle tel, qu'il faut être vraiment du pays ou bien y séjourner régulièrement tous les ans pour arriver à déterminer à la fois et les zones de passage intenses, et les points principaux d'affût.

 

 

        3.1 ) RÔLE JOUÉ PAR LA STRUCTURE DU POSTE DE PÊCHE.

 

Par mesure de clarté, les zones à prospecter n'ont  pas été renseignées.

 

        Au montant.

    Il est des plateaux rocheux crevassés, chaotiques ou coupés de coulées éminemment propices aux concentrations de Bars. Le type en est fourni, à l'embouchure de la Gironde, par le rocher Saint-Nicolas.

Cet exemple typique se reproduit de loin en loin tout au long des rivages.

A concentrations massives, ne peuvent découler que des passages massifs.

Tous les carnassiers démarreront en même temps donc, aussitôt que le flot-portant s'établit, pour rejoindre leurs zones d'affût. Le pêcheur averti, connaissant bien son coin, a tout intérêt à attendre ce passage au point fatidique bien connu de lui.

Dès que les prises cessent en ce point, un moyen de locomotion rapide doit lui permettre de reprendre contact avec le groupe de tête en aval, en un second poste précis.

Peut-être en existe-t-il un troisième, un quatrième, à prospecter intensément et rapidement au fur et à mesure de la progression du groupe de carnassiers. Point de perte de temps.

C'est une lutte de vitesse à engager avec les loubines qui ne musent point en route.

    Cette mise en pratique terminée, inutile d'aller plus loin dans le sens du courant, attendu que les Bars ont, à un moment donné de la marée, rejoint leurs postes d'affût.

Le pêcheur averti connaît cette zone précise de stagnation, de fixation, d'autant plus éloignée du point de départ que la violence du courant est vive.

Alors intervient la prospection minutieuse, lente, méthodique desdits affûts échelonnés sur quelques centaines de mètres à peine.

       Au descendant.

   La fixation au rivage n'ayant causé qu'une dispersion toute relative, les carnassiers vont se regrouper rapidement et reprendre aussi rapidement leur route en sens inverse pour rejoindre à temps leur roche d'affût de l'étale de basse mer.

Le pêcheur averti doit donc repasser à la première technique des déplacements successifs dans le sens du jusant et prospecter rapidement les postes 4, 3, 2 et 1.

Cette façon de procéder, très active, ne peut qu'amener des prises suivies, à deux conditions toutefois: que les Bars passent à portée de lancer, que l'exploration des points 1, 2, 3, 4 et 4, 3, 2, 1 soit rendue possible par la proximité d'une route, d'une voie de ceinture, réduisant au mieux les temps morts des divers déplacements.

 

    2e CAS: POINT DE DÉPART A DISPERSION GÉNÉRALISÉE DES BARS.

       Au montant.

   Les zones parsemées d'écueils multiples dispersés en profondeur vers le large et en largeur parallèlement au rivage vont obligatoirement être à l'origine d'une progression toute différente. Plus de passages massifs aux points 1, 2, 3, 4.

    Le pêcheur averti devra fixer son choix sur un seul point précis, le point 2 par exemple, parce qu'en ce lieu les Bars, pour une raison locale, vont se rapprocher au mieux de la terre ferme.

    Point d'énervement alors car, s'il y aura des moments productifs, ces fameux moments seront suivis de périodes creuses. Mais la persévérance en ce point s'impose tant que peut durer le passage des carnassiers.

    Sitôt celui-ci terminé, et comme dans le premier cas, déplacement rapide vers la zone d'affûts fixes connue et prospection méthodique de ces postes qui en ce second cas seront beaucoup plus éloignés les uns des autres que dans le premier cas.

 

        Au descendant:

   Dès que s'établit le courant inverse, retour rapide au poste 2 où les bandes de Bars vont à nouveau passer échelonnées.

    En opérant ainsi, point de longue attente fastidieuse. Pêche toujours active qui ne peut que se solder par des réussites régulières... les jours où les Bars " en veulent ".

 

      3.2) RÔLE JOUÉ PAR L' IMPORTANCE DU COEFFICIENT DE MARÉE.

    1er CAS: FORTS COEFFICIENTS.

    Plus le coefficient est fort, plus la mer se retire au large lors de l'étale de basse mer. La distance que les Bars doivent franchir étant plus élevée, le passage aux points ou au point favoris se fera, à l'aller, avec d'autant plus de retard.

Ce temps de nage plus important diminuera obligatoirement le temps consacré à l'aller au rivage.

    Au jusant, par contre, pour les mêmes points, le passage ou les passages se produiront au contraire avec de l'avance car les Bars effectueront un retour rapide vers une zone d'autant plus éloignée que les eaux se retirent plus au large.

    Il résulte donc, lors de ces forts coefficients une prédominance très nette du temps de pêche consacré aux Bars de passage sur celui consacré à la détection des Bars à l'affût.

    2e CAS: FAIBLES COEFFICIENTS.

    En ce cas, la distance séparant les points de départ des affûts de la terre ferme étant nettement plus réduite (la mer se retirant moins au large)

les Bars s'installeront plus vite au rivage et aussi en repartiront plus tard, bien moins pressés par les mouvements des eaux moins intenses. Le temps de chasse à terre étant plus étendu, prédominance du temps de pêche consacré aux Bars à l'affût par rapport à celui qui reste pour tenter les Bars de passage.

    En ce cas, la mer étant moins remuée, les eaux plus claires plus pêchables, le travail des leurres plus facile, la sortie de l'onde moins acrobatique, je ne serais pas étonné que là aussi les coefficients moyens donnent de meilleurs résultats que les forts coefficients tellement appréciés.

 

       3.3) RÔLE DE FIXATION DES POINTES ROCHEUSES

   J'ai déjà affirmé, qu'en dépit des apparences, les poissons de mer, tout comme les poissons de rivière, faisaient face au courant, le mulet excepté. Encore faut-il que ces courants d'origine terrestre aillent les intercepter lors de leur progression passive sous l'emprise du courant de flot.

   Là interviennent les influences dues à l'orientation et à la conformation des criques rocheuses qui jalonnent le rivage.

 

 

    Le courant de flot heurtant les pointes des criques A, B, C crée 3 contre-courants.

Mais l'incidence du flot ne crée en A et B que deux contre-courants limités faibles qui, rejoignant le courant principal, ne peuvent le stopper superficiellement, se joignent à lui en définitive sans en modifier le cours.

Les Bars n'en subissent donc pas l'influence et continuent leur chemin.

    Il n'en va pas de même pour la crique C nettement plus redressée vers le nord et plus incurvée.

Le contre-courant puissant qui en résulte progresse beaucoup plus nettement vers le large et marque d'une empreinte plus tenace le courant général.

Tous les Bars heurtant ce contre-courant dominant, de poissons passifs qu'ils étaient se transforment en poissons actifs ou autrement passent de "courant en queue" au "courant en tête " parce que celui-ci dirige vers eux la manne nourricière arrachée à la bordure littorale.

    Les dits Bars vont donc atterrir dans la crique C par l'intermédiaire de ce fameux courant portant au large. Quelques-uns demeureront peut-être au centre de la crique mais la majorité ira s'établir sur le côté gauche de la pointe 4 où la mer bat le plus durement puisque arrivant de front en supposant que la lame ait la même origine que le courant de flot.

    Si, au contraire, la lame arrive à l'opposé du courant, freinant en partie le courant de marée, le contre-courant sortant sera encore plus redressé vers le large. Alors la pointe 3 sera celle qui recevra plus franchement les assauts de la houle et les Bars seront plus nombreux au côté droit de cette pointe. Sauf contre-indication locales.

 

       3.4) RÔLE DES REMOUS.

    Le remous entre en jeu pour deux raisons:

    Il concourt à la concentration des proies véhiculées par le flot et qui tournent là, en rond, avant de se déposer à fond dans cette zone de calme relatif qui règne derrière tout écueil.

    Il concourt aussi à la stabilisation, pour un temps À,  non seulement ils trouvent là à glaner mais aussi, sous l'abri de l'obstacle, peuvent établir un affût éphémère, quêtant ainsi avec le minimum de fatigue. Toujours le facteur paresse.

 

 

    n° 1 crée un remous tant que sa masse s'oppose au passage du flot. Dès qu'il est recouvert, le remous superficiel disparaît et les proies véhiculées par la mer, en surface, vont se concentrer à nouveau sous l'abri de l'écueil n° 2.

Sitôt submergé, nouvelle progression vers l'écueil n° 3 où a lieu la troisième concentration, de peu de durée car à nouveau dépassée; en définitive la dernière concentration ira s'établir au niveau des criques, à la côte même où le contre-courant dominant renverra vers le large et ces proies passives et celles arrachées à la falaise et qui n'ont point été encore gobées par les Bars à l'affût en plein ressac.

  

       3.5) RÔLE PRIMORDIAL DU PÊCHEUR.

    Pour conclure, affirmons que le rôle du pêcheur est prépondérant. Sa connaissance parfaite de la zone régulièrement parcourue va lui permettre de déterminer avec une précision suffisante, en fonction du vent, de la mer, du flot, de la saison, les points exacts de passage ou d'affût où il aura le plus de raisons de joindre les Bars.

    Ce pêcheur, en ces zones basses, à faible pente, devra être un pêcheur rapide, non seulement pour déterminer, sans perte de temps, la marche à suivre, mais aussi pour progresser vers la côte, avec le montant, sans courir de risques inutiles.

    Les Bars de ces zones à pente peu sensible montent à l'assaut de la bordure côtière dès que le flot se déclenche nettement, que la vague déferlant sur les sables, les herbiers, les meulières, les rocs y arrache crustacés, mollusques qui y prospèrent.

    Lors du jusant, la mer se retirant très vite de son domaine varié mais plat, les Bars, de peur de rester au sec, regagnent aussi rapidement leurs pénates, zones jamais découvertes où ils ont l'habitude d'évoluer à marée basse. Le début du descendant risque donc d'être seulement productif, à moins qu'il ne soit possible au pêcheur de poursuivre ses proies en même temps qu'elles fuient vers le large.

Les notes ci-dessus sont extraites :

  • LES BARS, Pêche modernes et traditionnelles
  • Par Maurice CAUSSEL
  • Éditions du Gué l'Épine, Collection Patrimoine

 

 

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